Light Painting : débuter

Publié le 17/11/2012 - Dernière mise a jour le 15/03/2013

Le Light Painting est une technique de prise de vue photographique qui consiste à déplacer une source de lumière dans un environnement sombre. Pendant plusieurs secondes de temps d’exposition, le capteur de l’appareil photo enregistre le parcours de la source de lumière, faisant apparaître des traînées lumineuses sur la photo.

Ces traces lumineuses ne sont pas le résultat d’une retouche par ordinateur, le principe étant de dessiner avec de la lumière au moment de la prise de vue.

Light painting printemps

15mm, f/8, 11s, 100 iso - 7D + 10-22 EF-S

Sommaire

  1. Le materiel et les réglages
  2. Tout Premier Essai
  3. Deuxième tentative
  4. Varier les lumières
  5. Colorer une scène en éclairage partiel
  6. Des formes lumineuses
  7. La laine de fer
  8. Pochoirs (stencils)

Le matériel et les réglages :

La pose longue, variant de quelques secondes à quelques minutes nécessite l’emploi d’un trépied pour éviter les flous de bougé (penser à désactiver le stabilisateur pour éviter qu’il n’interfère).

La durée d’ouverture va en grande partie dépendre du temps d’exécution du dessin. Le plus pratique est d’utiliser le mode bulb et une télécommande pour déclencher et stopper manuellement au début et à la fin de la réalisation du dessin. Mais attention, plus la durée d’ouverture sera longue, plus le bruit numérique sera important.

La sensibilité réglée au minimum, 100 iso, va contribuer à limiter le bruit et l’impact de la lumière ambiante résiduelle. Une ouverture de diaphragme moyenne, f/7 par exemple, assure une profondeur de champ suffisante et un bon piqué (attention à la diffraction entraînée par les ouvertures les plus petites).

L’autofocus est désactivé, les conditions d’éclairages ne lui permettant pas d’être efficace. La mise au point doit être faite avant la prise de vue (manuellement ou non).

Le cadrage est lui aussi préparé avant la prise de vue. Pour ne pas se retrouver hors champ au moment de la réalisation du Light Painting, le cadrage doit être fait soigneusement en prenant des repères. Ces repères seront très utiles au dessinateur pour se positionner dans le noir.

Les sources de lumières possibles sont très nombreuses. Pour commencer une lampe de poche ou un porte clé à led conviennent parfaitement.

Et la disparition du dessinateur : mais pourquoi il n’apparaît pas sur les photos ?
L’explication est la même que pour les photos de voitures réalisées la nuit par exemple. En raison de la pose longue, les traînées lumineuses des phares apparaissent bien sur la photo mais les voitures sont à peine visibles. En portant des vêtements sombres et en conservant un mouvement permanent le dessinateur échappe au capteur de l’appareil.

Tout premier essai

Premier essai de light painting de nuit, dans le salon, avec … une plante verte. Ma source lumineuse est une petite lampe de poche avec un bouton on/off facile à manipuler. Tous les réglages sont prêts, le cadrage et la mise au point sont faits avant d’éteindre les lumières. L’appareil est en mode Bulb et la télécommande filaire est prête.

Extinction des lumières, je sors du champ et je déclenche. Un coup de flash en début d’exposition permet de rendre la plante bien visible. Juste après le flash, je rentre dans le champ et avec la lampe de poche, j’éclaire d’abord quelques zones du feuillage en pointant la lampe directement sur le sujet, avec un mouvement de balayage. Je me place ensuite derrière la plante, en dirigeant cette fois la lampe face à l’objectif et je « dessine » quelques guirlandes lumineuses : ambiance sapin de Noël !  Je stoppe la prise de vue avec la télécommande et j’admire le résultat :

Essai LightPainting sur une plante-2012

39mm, f/8, 31s, 100 iso + 7D - 18-135 EF-S IS

Ce n’est pas très artistique, mais la technique fonctionne :  la plante est bien exposée, les taches lumineuses sont visibles et mes guirlandes sont là. Et ce dont j’étais le moins sure : je suis bien invisible, pas de fantôme.

Deuxième tentative

Pour ce deuxième essai de light painting, j’aimerais faire un bonhomme comme j’en ai vu sur d’autres photos. La façon de faire est la même que pour le premier essai : coup de flash en début d’expo, puis je dessine cette fois un bonhomme assis dans un pouf, en maintenant toujours la lampe bien face à l’appareil photo. Il m’a fallu plusieurs essais pour parvenir à la photo ci-dessous : pour obtenir un dessin correct, il faut réussir a bien se repérer dans l’espace, ce n’est pas si facile.

Essai LightPainting 2012

41mm, f/8, 28s, 100 iso - 7D + 18-135 EF-S IS

L’écriture en light painting est assez difficile au début : il faut écrire à l’envers, bien espacer les lettres (faire un pas latéral entre chaque) et penser à prendre des repères de hauteur soit par rapport au décors en face, soit par rapport à son propre corps : épaule, torse…

Light Painting Texte 2012

29 mm, f/9, 27 s, 100 iso - 7D +18-135 EF-S IS

Varier les lumières

Pour varier les sources lumineuses, j’ai trouvé dans les placards : une épée lumineuse, un bâton magique, une led rouge de porte clé, une boule changeante.

Sources  pour Light Painting 2012

Les différentes sources lumineuses

Les essais avec le bâton magique ne donnent rien, il n’est pas assez lumineux. L’épée me donne l’idée de faire un demi- cercle. Avec quelques morceaux de papier posés au sol en guise de repère, je dessine une porte des étoiles avec l’épée, un nouveau bonhomme et des traces de pas avec la led.

Light Painting la Porte des Etoiles-2012

22mm, f/10, 96s, 100 iso - 7D + 18-135 EF-S IS

Résultat : la vitesse de tracé doit être très régulière pour avoir des traits de même intensité lumineuse. Le mouvement de rotation pour faire le demi rond doit être soigné pour ne pas obtenir des vagues et le cadrage est pas terrible. Sans utilisation du flash, les lumières sont plus intenses. Les traces de pas se dédoublent par reflets sur les morceaux de papier.

Deuxième version de la porte des étoiles, avec flash, repères de papier plus discrets, demi-cercle plus régulier, cadrage et positionnement du bonhomme amélioré, et petite retouche en post-production pour effacer quelques taches lumineuses parasites.

Light painting 2012

26mm, f/10, 144s, 100 iso - 7D + 18-135 EF-S IS

(la compression jpeg n’est pas très flatteuse)

D’autres essais avec des petits bracelets phosphorescents :

Light Painting bracelet

Bracelet phosphorescent

Light Painting Boule 2012

52 mm, f/5, 21 s, 100 iso - 7D + 18-135 EF-S IS

Light Painting Spider 2012

24 mm, f/8, 12 s, 100 iso - 7D + 18-135 EF-S IS

(suite : Light Painting : éclairage partiel et formes lumineuses)

Finalement

Le light painting est très agréable à réaliser. Ce n’est pas très compliquer à faire, mais c’est très difficile de bien se repérer dans l’espace. La fluidité et la vitesse régulière dans les mouvements demande de l’entrainement pour obtenir des traits lumineux constants ou au contraire plus ou moins intenses.

Je n’apparais pas en fantôme, pourtant je n’ai pas tellement bougé, j’imaginais qu’il faudrait plus « d’agitation » pour que je reste invisible.

L’objectif utilisé n’a pas besoin d’être très lumineux et un zoom facilite le cadrage.

L’utilisation du flash permet de faire apparaître le décors ou d’immobilier un sujet, mais les lumières utilisées ensuite pour dessiner doivent être plus puissantes. Toutes sortes de sources lumineuses peuvent être utilisées : filtres colorés sur lampe de poche, lampe frontale, écrans de téléphones portables, allumettes, bougies, cierge magique… Elles doivent cependant avoir un bouton on/off facile a utiliser pour couper le flux lumineux pendant le tracé du dessin.

 

Plus de photos dans l’album Light Painting.

(suite : Light Painting : éclairage partiel et formes lumineuses)

 

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